Le bac à saucisse du Mont-Saint-Brice
Il était une fois un nain nommé "Bac à saucisse".
On l'appelait ainsi car à longueur de journées,
Il transportait avec courage, jusqu'au Mont-Saint-Brice,
Emballés dans des intestins, de la viand'hâchée.
Un beau jour de printemps, au détour d'une clairière,
Il rencontra un va-nu-pieds, nommé Girouette,
Toujours en quête d'histoires, il errait de terres en terres,
Sifflant le jour, comme un geai et la nuit comme une chouette.
Le jeune troubadour s'arrêta et héla le nain.
"Hola mon brave, que transportes-tu dans ta carriole ?"
Bac à saucisse, étonné, fixa le jeune rouquin.
"Oh ben… rien de bien important, juste quelques babioles…"
"Je vois…" répondit le gars "M'autoriseriez-vous,
A vous suivre jusqu'en haut de cette jolie colline ? "
Le jeune homme tendit le bras vers un tas de caillou.
Le nain s'empressa de dire de son humeur coquine.
"Oui, si tu acceptes de pousser ma brouette…"
Observant la petite stature de son nouveau compagnon,
Le troubadour ébaucha un large sourire aux alouettes
Et s'empressa de prendre en main les deux bâtons.
Une fois arrivés au sommet de la colline,
Une mauvaise surprise les attendait-là.
Un loup affamé, attiré par l'odeur divine,
Menaçait les deux compères d’un malheureux trépas.
Deux solutions s'offrirent au troubadour apeuré,
Filer en abandonnant son compagnon sans armes,
Ou affronter la bête, de simples coup de pieds,
La deuxième solution lui arrachant une larme.
Girouette ne sachant que faire, resta pantois.
Le nain, quant à lui, s'empara d'une lanterne,
Alluma la mèche enroulée autour du bois,
Ensuite mit le feu aux quelques brins de luzernes.
Rapidement, toute la carriole s'enflamma,
Eloignant subitement la bête vers les bois.
Alertés par la fumée, tous les villageois,
Accoururent à grands pas, dans un grand brouhaha.
Le troubadour étant resté tout du long bouche bée,
Par une grosse tape dans le dos, fut réveillé.
"Et bien mon gars ! Que s'est-il donc passé par ici ?"
Il secoua la tête et reprit vite ses esprits,
De son sac, sortit une petite vièle triangulaire,
Gratta quelques accords puis raconta cette histoire
Qu’il venait de vivre d’une manière singulière,
A tout qui voulait bien l’entendre sans jamais choir.
Un beau jour, ses dires parvinrent aux oreilles d'un Roi
Celui-ci bien en peine car sa chère fille Tiphaine,
Pâle et maigre, était dans un grand désarroi,
Ne pouvant manger aisément aucune viande saine.
La belle qui était dépourvue de solides dents,
Désespérait de trouver un met qui lui convint.
Le Roi, de n’avoir jamais descendance, s'inquiétant,
Partit plein d’espoir à Mont-Saint-Brice de bon matin.
Quelques jours plus tard, le nain entra dans le château,
Y prépara les saucisses qu’il mit à rôtir,
Sous les yeux écarquillés des cuisiniers badauds,
Venus l’assister à la requête de leur Sire.
Le délicieux fumet émanant des cuisines,
Attira la jeune femme qui ordonna aussitôt,
Qu’on lui servit sous peu dans une belle platine,
Les saucisses grillées accompagnées d’une cruche d’eau.
Neuf mois plus tard, la princesse accoucha d’un garçon,
En excellente santé sous les yeux de son père,
Qui fit sonner à grand fracas tous les carillons,
De toutes les contrées aux alentours de ses terres।
Depuis ce jour, "bac à saucisse" fut couvert d'or,
Ne parcourut plus les routes, réalisant le rêve,
De son cher et bien-aimé Roi Anthonus Luidor
Qui mourut en paix, un sourire satisfait aux lèvres.
mercredi 22 août 2007
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